Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ne feraient-ils qu’un ?

Deux semaines après le passage de Marine Le Pen, c’est Jean-Luc Mélenchon qui s’est adonné à l’exercice de l’Emission Politique de France 2. Et ça n’a pas manqué, la question sur les points communs de son programme avec celui de sa rivale du Front National a été posée. Jean-Luc Mélenchon s’y est alors fermement opposé, non sans une certaine passion. « Je ne suis pas une nationaliste, je suis un patriote, cela n’a rien à voir ! » s’est exclamé le candidat de la France insoumise face à un tableau dressant la liste des « similitudes » de leur programme respectif.

Face aux journalistes, Jean-Luc Mélenchon a démenti toute ressemblance entre son programme et celui de Marine Le Pen sur les questions du SMIC, de l’âge de départ à la retraite et de l’Europe. Qu’en est-il vraiment ?

France 2
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L’augmentation du SMIC

Parmi la liste des prétendues « similitudes » figure une mention à la volonté des deux personnalités politiques de revaloriser le SMIC. C’est effectivement le cas de Jean-Luc Mélenchon, qui veut l’augmenter de 16% pour le porter à 1342€ nets, comme il l’a réaffirmé lors du chiffrage de son programme sur sa chaîne Youtube, le 19 février dernier. En revanche, l’idée ne figure nulle part parmi les 144 propositions de Marine Le Pen. La candidate du Front National l’a d’ailleurs confirmé fin janvier, lors d’une matinale d’Europe 1, précisant bien qu’elle ne l’avait jamais proposé, y compris en 2012. « J’avais proposé en 2012 de faire prendre en charge par l’Etat 200 euros de la part salariale des cotisations sociales. Ce qui n’était pas une augmentation du Smic », avait-elle expliqué. Elle l’avait déjà évoqué dans une interview accordée à Valeurs Actuelles en juillet dernier : « Contrairement à ce que j’entends, nous n’avons jamais, non plus, proposé une augmentation du SMIC ». Jean-Luc Mélenchon avait donc raison de donner tort à ce sujet à François Lenglet.

La retraite à 60 ans

Au cours de l’Émission Politique, le candidat de la France insoumise a clamé que Marine Le Pen n’était pas pour la retraite à 60 ans, contrairement à lui, mais qu’elle « demanderait des sacrifices ». Pourtant, formellement, cette proposition figure bel et bien parmi les engagements de la candidate du Front National. Proposition 52 : « Fixer l’âge légal de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations pour percevoir une retraite pleine ». En revanche, il est vrai que Marine Le Pen ne semble pas certaine d’y parvenir et évoquait déjà en juillet dernier, dans la même interview citée précédemment, qu’elle se « tourner[ait] vers les Français en leur disant la vérité » et qu’ils « accepteront les sacrifices qu’[elle] leur demandera » si nécessaire. Une différence sur la forme, plus que sur le fond, entre la candidate du Front National et son homologue de la France insoumise.

La renégociation des traités et la sortie de l’Europe

Certes, les deux candidats évoquent la sortie de l’Europe et souhaitent renégocier les traités européens. Mais chacun a sa stratégie pour y parvenir. Marine Le Pen a évolué sur cette question. Si autrefois la sortie de l’Europe était au coeur de son programme, elle a récemment nuancé son propos, qui effrayait un certain nombre de potentiels électeurs. L’idée étant d’engager « une négociation […] avec nos partenaires européens suivie d’un référendum sur notre appartenance à l’Union européenne ». A ce sujet, elle déclarait au Figaro l’an dernier qu’elle s’engagerait auprès des Français « à organiser, dans les six mois, un référendum ». L’idée d’un référendum est aussi évoquée par Jean-Luc Mélenchon, mais celui-ci interviendrait seulement comme plan B, « en cas d’échec du plan A », à savoir une pure renégociation des traités européens.

Au sujet de la monnaie, quand Jean-Luc Mélenchon veut simplement dévaluer l’euro pour revenir à la parité initiale avec le dollar, Marine Le Pen va plus loin. Elle propose une « monnaie nationale » pour les Français, éventuellement accompagnée d’une « monnaie commune », différente de l’euro, pour les Etats et les grandes entreprises. A noter tout de même que le plan B de renégociation des traités européens de son adversaire de la France insoumise n’exclut pas la création d’une monnaie commune, en cas d’échec de la renégociation des traités.

Chloé Berthod et Elise Denjean

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