Yannick Jadot tacle le bilan environnemental de François Hollande

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Yannick Jadot, le 4 février 2017 sur franceinfo.

Les échanges entre les trois principaux candidats de la gauche à la présidentielle se poursuivent. Personne ne connaît, pour le moment, le résultat du ralliement entre Benoît Hamon (PS), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Yannick Jadot (EELV). Mercredi 15 février, c’était le tour du dernier à répondre aux questions d’Isabelle Millet dans le bus d’Europe 1 à Strasbourg. L’occasion pour l’écologiste de tacler le bilan de François Hollande en matière d’environnement :

« Le quinquennat n’a été qu’une suite de renoncements sur les questions environnementales. »

Yannick Jadot sur Europe 1

Que reste-t-il donc des promesses écologistes du candidat François Hollande à la veille de la fin de son quinquennat ? Une dizaine des 60 engagements que François Hollande avait formulés en 2012 concernent l’environnement et l’écologie. Le collectif « Lui président » et les confrères des Décodeurs du Monde.fr les ont passé au peigne fin au cours du quinquennat. Pour interroger le propos de Yannick Jadot, nous reprenons ici les grandes axes de la politique environnementale et énergétique du quinquennat.

Le climat : le succès phare

Le principal succès de François Hollande sur le plan environnemental est sans doute l’accord sur le climat, négocié lors de la COP21 fin 2015 à Paris. Ratifié jusqu’à présent dans 132 des 197 pays, il fixe l’objectif de limiter le réchauffement « en dessous de 2° C par rapport aux niveaux préindustriels ». En 2012, le candidat socialiste a promis que « la France respectera[it] ses engagements internationaux pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

Le volet du nucléaire : une série de retards

Autre point-clé dans ce 41e engagement : le nucléaire. La fermeture de la plus vieille centrale du pays à Fessenheim (Haut-Rhin) a initialement été promise pour la fin de 2016. Cela n’a pas été le cas. Le gouvernement ne s’est contenté que de paroles et de négociations. Le dernier acte date du 24 janvier 2017 : l’Etat accorde à EDF des indemnisations à la hauteur de 490 millions d’euros. En revanche, l’entreprise n’a pas mentionné une date de fermeture. Selon les informations du Monde, il faudra attendre au moins jusqu’à la fin de 2018.

Autre point noir : l’EPR de Flamanville (Manche), dont la construction n’est pas terminée. François Hollande avait pourtant promis d’achever le chantier de Flamanville. De plus, l’accident sur ce même site, il y a deux semaines, a une nouvelle fois réenclenché le débat sur la « sûreté maximale des installations » qu’avait proclamé François Hollande. Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet, parle depuis des mois d’une « situation très préoccupante« .

Un projet ambitieux : la loi sur la transition énergétique

« J’engagerai la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon de 2025 », lit-on dans le texte de 2012. Côté institutionnel, ce but a trouvé – avec un an de retard – son expression dans l’article 1 de la loi sur la transition énergétique, entrée en vigueur le 17 août 2015. Côté pratique, la plupart des experts doutent que ce but soit atteint, faute de moyens pratiques. En 2016, le nucléaire représentait 72,3% dans le bilan électrique français que publie chaque année le Réseau de transport électrique (RTE), succursale d’EDF. Une baisse de 4% par rapport à la production en 2015.

Cette loi prévoit également l’augmentation de la part des énergies renouvelables comme exigée par le candidat Hollande. Dans le bilan du RTE, la part de la production dans le domaine des renouvelables s’est accru de 1,7% entre 2015 et 2016, de 17,4% à 19,1%.

Un bilan plutôt négatif

Le bilan écologiste n’est pas rose pour le président sortant. Même si on peut constater des efforts sur le plan du climat, notamment avec l’accord de Paris, les volets principaux comme le nucléaire et la transition énergétique sont marqués par des retards. Certes, François Hollande a pu mettre en route quelques dispositifs législatifs, mais ils ne porteront leurs fruits que dans les années à venir, à condition qu’ils soient maintenus pour le ou la nouvel/le hôte à l’Elysée.

13 propositions parmi les 60 engagements de 2012 sont en lien avec l’écologie et l’environnement. Quatre ont été tenues, comme la COP21. Six sont soit en cours de réalisation, soit trop vague pour être jugées. Trois n’ont pas du tout été réalisé, comme Fessenheim ou l’EPR. Si Yannick Jadot ne dit pas totalement vrai, tous les engagements écologiques de François Hollande ne sont pas tenus.

Jan-Hendrik Maier et Maxime Martinez

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